Les récentes propositions d'Éric Zemmour sur l'immigration prévoient notamment l'expulsion des ressortissants étrangers au chômage depuis un an, y compris lorsqu'ils disposent d'un titre de séjour régulier. Formulé lors d'un entretien accordé le 17 septembre 2026 sur BFMTV, ce projet de campagne pour l'élection présidentielle de 2027 cible plusieurs catégories d'étrangers et vise à lier le droit au maintien sur le territoire à l'absence de chômage prolongé ou de recours exclusif aux aides sociales. Face aux échéances politiques de 2027, comprendre ce qui relève d'un programme électoral et ce qui constitue le droit positif permet d'organiser ses démarches administratives avec méthode.

Les annonces d'un candidat ne constituent pas des règles applicables aujourd'hui par l'administration préfectorale. Les préfectures instruisent les demandes selon les textes déjà parus au Journal officiel, notamment les décrets et la loi du 26 janvier 2024 qui encadrent les conditions actuelles d'accès aux titres pluriannuels, aux cartes de résident et à la nationalité française. Pour les personnes étrangères installées en France, connaître le détail des mesures annoncées et le fonctionnement des exigences effectives en 2026 demeure primordial pour éviter les blocages.

Qui porte les propositions et quel est le cadre annoncé par Zemmour ?

Le 17 septembre 2026, lors d'une intervention sur BFMTV , Éric Zemmour a confirmé sa candidature à l'élection présidentielle dont le premier tour est prévu le dimanche 18 avril 2027. Le président du parti Reconquête a précisé que sa déclaration formelle de candidature interviendrait au cours de l'automne, probablement dès le mois d'octobre 2026. L'immigration figure au centre de ses thèmes de campagne, sous l'angle de ce qu'il désigne comme la « remigration ».

Ce concept défendu par l'ancien journaliste implique d'organiser l'expulsion de ressortissants étrangers déjà installés, et non pas seulement de bloquer de nouvelles arrivées sur le territoire national. Lors d'un meeting dans les Yvelines et sur le plateau de télévision, le candidat a également réitéré sa position favorable aux progrès de l'intelligence artificielle, estimant que les robots pourraient à terme remplacer la main-d'œuvre immigrée. Ces éléments programmatiques définissent les grandes orientations que le parti entend promouvoir pour le scrutin de 2027.

Expulsion et contrôle des étrangers : quelles catégories et quelles conditions avancent-elles ?

Dans ses prises de parole, Éric Zemmour a dressé une liste précise de plusieurs groupes d'étrangers devant faire l'objet d'un renvoi hors du territoire national. Le projet élargit les motifs d'éloignement bien au-delà de la situation irrégulière classique en intégrant des critères liés au travail, à la détention ou aux aides publiques.

Les catégories ciblées par ces mesures sont les suivantes :

  • Les personnes en situation irrégulière, désignées sous le terme de clandestins, devant être systématiquement renvoyées.
  • Les détenus étrangers présents dans les prisons françaises, le candidat affirmant qu'ils représentent 25 % de la population carcérale.
  • Les délinquants étrangers qui ne se trouvent pas en prison, notamment les personnes purgeant une peine sous bracelet électronique ou condamnées à des travaux d'intérêt général (TIJ).
  • Les personnes étrangères vivant uniquement des aides sociales.
  • Les chômeurs de longue durée, même lorsqu'ils détiennent un titre de séjour régulier.

Pour appuyer son projet, le candidat a invoqué un article du code des étrangers datant selon lui de 1945, qui prévoyait que tout étranger pesant sur les finances publiques devait être expulsé. Les détails opérationnels exacts de mise en œuvre de ces propositions ne sont pas fournis dans la source d'actualité et aucune date précise d'application n'est arrêtée.

Durée du chômage et lien avec l'expulsion : quelle règle est proposée ?

Parmi les propositions de Zemmour sur l'immigration, la fixation d'un seuil maximal de chômage constitue un point central. Le 17 septembre 2026 sur BFMTV, le candidat a proposé d'expulser tout travailleur étranger connaissant une période de chômage de « plus de six mois à un an, un an dirons-nous », sans faire de distinction pour les titulaires d'un titre de séjour régulier en cours de validité.

Cette orientation entend faire dépendre le droit au maintien sur le sol français de l'exercice continu d'une activité professionnelle. Dès lors qu'un étranger atteindrait douze mois sans emploi, la mesure préconisée entraînerait son renvoi forcé. Les modalités juridiques précises ou d'éventuelles exceptions liées à la nature du contrat précédent, aux cotisations versées ou aux situations familiales n'ont pas été développées lors de cet entretien télévisé.

Cibles complémentaires et conditionnalités : délinquants, clandestins, aides sociales

Le programme présenté pour 2027 s'attaque également aux personnes dont les moyens de subsistance reposent sur les transferts publics. Éric Zemmour prévoit ainsi l'expulsion de tous ceux qui vivent uniquement des aides sociales, les assimilant à une charge pesant sur le budget de l'État.

Concernant les condamnations judiciaires, le candidat refuse toute distinction selon l'exécution de la sanction. Les mesures d'éloignement s'appliqueraient non seulement aux étrangers incarcérés, mais également aux personnes faisant l'objet d'un aménagement de peine comme le bracelet électronique ou effectuant des travaux d'intérêt général. L'ensemble de ces propositions traduit une volonté d'élargir l'expulsion à des motifs économiques, judiciaires et sociaux.

Catégorie Propositions d'Éric Zemmour pour 2027 Règles en vigueur en septembre 2026 Démarches recommandées
Chômeurs de longue durée Expulsion après un an de chômage, même en situation régulière Maintien et renouvellement selon les textes en vigueur Préparer ses justificatifs professionnels et d'indemnisation
Bénéficiaires d'aides sociales Expulsion des personnes vivant uniquement des aides Accès aux prestations encadré par les textes législatifs Vérifier la conformité de son dossier de séjour
Condamnations pénales Expulsion des détenus, des porteurs de bracelet et des TIJ Décisions individuelles selon l'ordre public Justifier de son respect des lois de la République
Titres de séjour pluriannuels Réduction du séjour et application de la remigration Exigence du niveau de français A2 et de l'examen civique Passer le TCF IRN et réussir l'examen civique
Cartes de résident (10 ans) Resserrement des critères de délivrance Niveau de français B1 et réussite à l'examen civique Suivre une formation civique et linguistique
Naturalisation par décret Baisse des admissions et critères stricts Niveau B2 (oral et écrit), examen civique, 5 ans de résidence Réussir son entretien d'assimilation et ses tests

Les propositions d'Éric Zemmour sur l'immigration et la réalité des démarches administratives

Face aux annonces d'un durcissement des conditions de séjour et d'une volonté affichée de restreindre les délivrances de documents, de nombreux résidents étrangers cherchent à consolider leur statut légal. L'accès aux guichets administratifs et l'enregistrement des demandes constituent une étape indispensable pour tout demandeur de titre ou de renouvellement.

Les services préfectoraux traitent les dossiers selon des plannings de réception souvent complets, ce qui complique la prise de rendez-vous pour faire valider ses droits dans les délais réglementaires.

Pour anticiper toute difficulté de calendrier et sécuriser sa situation sans attendre d'éventuelles réformes électorales, il est possible d'activer une alerte pour obtenir un rendez-vous en préfecture dès qu'une place se libère.

Démarches en France aujourd'hui : ce qu'il faut sécuriser dès maintenant selon les règles actuelles

Quelle que soit l'issue de l'élection présidentielle de 2027, les règles d'instruction appliquées aujourd'hui ont été définies par la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration, ainsi que par les décrets d'application entrés en vigueur au 1er janvier 2026. Ces textes fixent des obligations précises de langue et d'intégration républicaine pour l'obtention des titres.

Pour consolider sa situation administrative sous le régime des textes en vigueur, plusieurs étapes doivent être respectées de manière méthodique :

  1. Vérifier la date d'expiration de son titre de séjour ou de son visa de long séjour en cours pour anticiper le renouvellement.
  2. Évaluer son niveau de langue française en fonction de la démarche visée (A2 pour une première carte pluriannuelle, B1 pour une première carte de résident, B2 pour la nationalité).
  3. S'inscrire à une session du test de français officiel comme le TCF IRN, qui évalue les compétences de A1 à B2 depuis le 12 mai 2025 selon l'arrêté du 22 décembre 2025.
  4. Préparer et passer l'examen civique obligatoire dans un centre agréé par la CCI Paris Île-de-France ou France Éducation International, en obtenant au moins 32 bonnes réponses sur 40.
  5. Rassembler ses justificatifs de séjour, de ressources et de situation personnelle pour constituer son dossier complet.
  6. Déposer sa demande selon les modalités prévues (en ligne pour la naturalisation par décret d'une personne résidant en France, ou au guichet préfectoral selon le type de titre).

L'examen civique, rendu obligatoire depuis le 1er janvier 2026 par le décret du 15 juillet 2025 pour une première carte pluriannuelle, une carte de résident ou une naturalisation, comprend 40 questions à choix multiples (28 questions de connaissance et 12 mises en situation) sur ordinateur ou tablette en 45 minutes maximum. L'attestation de réussite n'a pas de durée de validité. Une préparation structurée à l'examen civique permet de réviser les cinq grands thèmes : principes et valeurs de la République, institutions, droits et devoirs, histoire-géographie et vie dans la société française.

Concernant les compétences linguistiques, le niveau exigé est certifié par un diplôme français, un diplôme équivalent ou une attestation TCF ou TEF de moins de 2 ans. Les candidats peuvent recourir à une préparation ciblée au test TCF IRN pour atteindre le palier A2, B1 ou le niveau B2 exigé pour devenir français.

Naturalisation par décret : anticiper les critères d'assimilation et l'entretien officiel

Pour les personnes qui remplissent les critères de durée de présence sur le sol français (5 ans de résidence régulière, ou 2 ans en cas d'obtention d'un diplôme d'un établissement d'enseignement supérieur français après 2 ans d'études, sans condition de durée pour les réfugiés), la naturalisation par décret permet de pérenniser son statut. Le coût de la démarche est fixé à 255 € en timbre fiscal (127,50 € en Guyane).

Le délai d'instruction maximal est de 18 mois à partir de la délivrance du récépissé, ou de 12 mois pour un demandeur résidant en France depuis au moins 10 ans. Lorsque le dossier est recevable, une convocation à un entretien individuel est adressée au postulant. Cet entretien a pour but de vérifier son assimilation à la communauté française, notamment son adhésion aux principes et valeurs essentiels de la République. Le livret du citoyen sert de support de révision. À la fin de cet échange, le demandeur signe la charte des droits et devoirs du citoyen français. Une absence injustifiée peut entraîner le classement sans suite immédiat du dossier. La nationalité est ensuite accordée par un décret publié au Journal officiel de la République française.

Pour préparer cet échange officiel avec l'agent instructeur et maîtriser les connaissances requises, il est conseillé de s'entraîner à l'entretien de naturalisation afin d'aborder sereinement le questionnaire et d'attester de son assimilation républicaine.

Questions fréquentes

Les propositions d'Éric Zemmour sur l'immigration sont-elles applicables dès 2026 ?

Non, les mesures annoncées par Éric Zemmour le 17 septembre 2026 sur BFMTV font partie d'un programme électoral pour la présidentielle d'avril 2027. Elles ne constituent pas des lois en vigueur. Les préfectures instruisent aujourd'hui les dossiers en appliquant uniquement les textes réglementaires et législatifs actuels, comme la loi du 26 janvier 2024.

Un étranger au chômage risque-t-il l'expulsion après un an sans travail aujourd'hui ?

Non, la proposition d'expulser les étrangers réguliers après un an de chômage est une mesure défendue par le candidat Reconquête pour 2027. Les critères d'éloignement actuels ne prévoient pas une expulsion automatique au seul motif d'une période de chômage d'un an pour un titulaire de titre en situation régulière.

Quels sont les niveaux de langue exigés en préfecture depuis le 1er janvier 2026 ?

Depuis le 1er janvier 2026, la réglementation impose le niveau A2 du CECRL pour obtenir une première carte de séjour pluriannuelle et le niveau B1 pour une première carte de résident. Pour la naturalisation par décret, le niveau B2 à l'oral et à l'écrit est exigé, attesté notamment par un TCF de moins de deux ans.

Qui est dispensé de passer le nouvel examen civique ?

Sont dispensés de l'examen civique les bénéficiaires d'une protection internationale ainsi que les ressortissants de pays couverts par certains accords bilatéraux. De plus, l'examen civique est requis pour une première délivrance de carte pluriannuelle ou de carte de résident, mais il n'est pas exigé pour un simple renouvellement de titre.